L’éducation : une volonté municipale pas encore révélée à elle-même

L’éducation : une volonté municipale pas encore révélée à elle-même

Pourquoi cette thématique scolaire n’est-elle pas une évidence du débat municipal ? Sans doute parce que, pour la penser avec pertinence, il faut sortir d’un cadre de pensée ancien, où la commune tient un rôle second, de relais technique, auprès de l’État. L’école, les services scolaires et péri-scolaires, sont l’une des activités les plus répandues et les plus consommatrices de crédits pour les communes. Le vrai problème, c’est que personne ne croit le débat possible alors qu’il recèle des trésors. Les listes participatives peuvent rompre avec cette passivité en ouvrant les questions qui intéressent vraiment les acteurs concernés.

Depuis des décennies, l’école est à la marge des programmes municipaux. Si des investissements d’équipement sont envisagés, la discussion a peu de chances de toucher au contenu de l’activité scolaire. Reprenons dans l’ordre : le secteur scolaire est la plus ancienne des activités municipales, l’instruction obligatoire et les grandes lois communales du début de la IIIème République datent de la même période. La mairie du village coincée entre l’école des filles et l’école des garçons, c’est vraiment l’une des images les plus banales de nos villages ruraux de France. L’équation de base reste aujourd’hui encore la même : l’État fournit le maître d’école et la commune s’occupe du bâtiment scolaire et de son entretien.

Il y a tout même eu depuis les années 1880 un élargissement lent, progressif, mais considérable, des services publics locaux autour de l’école primaire. Les écoles maternelles se sont développées, des cantines ont été créées, des transports scolaires, puis des garderies, des accueil de loisirs le mercredi et pendant les vacances scolaires, et enfin plus récemment les temps d’accueil péri-scolaire. Je me souviens avoir été le directeur des services d’une commune péri-urbaine où le service enfance-jeunesse représentait plus de la moitié des effectifs municipaux ! D’un côté le rôle de l’État a peu évolué et celui de la commune s’est considérablement amplifié. L’Éducation Nationale fournit les enseignants et reste le responsable de la pédagogie, et les municipalités prennent en charge une logistique qui s’est développée. Le retrait progressif des instituteurs-secrétaires de mairie entre 1950 et 1990, accompagné du retrait de l’obligation de fournir des logements de fonction aux enseignants, est le seul mouvement significatif du côté de l’État.

La cohabitation sous le toit de l’école va mal

La distinction entre pédagogie et logistique est de plus en plus délicate à tenir. Observons d’abord que les collectivités locales ont toujours été plus généreuses vis-à-vis des écoles que l’État : si cela ne s’est pas vu directement au niveau municipal, cela a été très perceptible au niveau des collèges et des lycées, massivement rénovés après le transfert de compétence aux départements et régions dans les années 80. Dans nos communes, nous avons beaucoup de belles écoles bien entretenues, y compris les écoles maternelles bien avant l’obligation toute récente d’instruction à partir de 3 ans (au lieu de 6 ans).

La cohabitation entre l’État et les collectivités locales est de plus en plus problématique, la tension monte entre les deux patrons sous le même toit scolaire. D’abord parce que l’intrication entre logistique et pédagogie est de plus en plus étroite. Avec le développement de l’informatisation de l’enseignement par exemple, les enseignants sont de fait plus impactés par les moyens mis à disposition par la commune : tableau blanc numérique, ordinateurs, tablettes, logiciels… Souvent, ce sont les enseignants qui sont demandeurs de moyens pour l’activité pédagogique qui dépendent de la commune ; plus rarement, c’est la commune qui pousse, mais si la collectivité locale souhaite pousser la maîtrise numérique des enfants, elle ne peut pas imposer l’évolution aux enseignants. Avec la mise en place des Temps d’Accueil Péri-scolaire (TAP), on a franchi une étape en incitant la coordination entre la pédagogie scolaire et le projet pédagogique des TAP sous la responsabilité des animateurs employés de la commune : la frontière pédagogique séparant commune et Éducation Nationale est ainsi entamée. En réalité, cette frontière est dépassée depuis longtemps dans les nombreuses communes qui ont mis en place des services enfance jeunesse qui couvrent une large partie du temps de l’enfant : garderie, restaurant scolaire, garderie, aide aux devoirs, centre de loisirs, etc. S’il est encore aisé de distinguer le temps scolaire d’un élève de l’école primaire du temps global passé dans l’univers scolaire, la délimitation apparaît vraiment artificielle pour les enfants de maternelle.

Pédagogie : le sujet central discuté nulle part

Le point de tension le plus fort de cette cohabitation, ce sont les Agents Territoriaux Spécialisés des Écoles Maternelles (ATSEM). Ces agents sont à la disposition des directeurs des écoles maternelles pendant le temps scolaire, cela signifie en pratique que les agents sont employés par la commune et sous le contrôle hiérarchique de fait des enseignants sur lesquels la commune n’a aucun pouvoir. Même si la plupart des fonctionnaires sont de bonne volonté, tant du côté territorial que du côté de l’Éducation Nationale, il n’en reste pas moins que les effets pathogènes de cette position sont avérés et que les risques psycho-sociaux atteignent des sommets dans ce métier. Il faut être clair, même si les mentalités évoluent, on est dans le schéma du maître et de la servante : à chaque fois qu’un conflit entre un ATSEM et un enseignant s’envenime, la commune n’a d’autre choix pratique que de déplacer l’ATSEM (quand elle le peut) sur un autre poste.

Globalement, le dialogue entre les parents, les enseignants, les personnels municipaux impliqués et les élus municipaux est faible parce que chacun peut se retirer derrière les limites de ses droits et responsabilités. Lorsque les difficultés entre les enfants, les familles et les enseignants montent dans une école, les conseils d’école se crispent sur des questions matérielles et se focalisent sur une pression en termes de moyens vis-à-vis de la commune. Les adjoints aux affaires scolaires, les directeurs de services et les chefs de service enfance connaissent cela par cœur. Un décret du 28 août 1992 précise que les ATSEM font partie de la « communauté éducative », et c’est précisément ce qui ne fonctionne pas dans les écoles. La pédagogie est le sujet central qui n’est discuté nulle part.

Lorsque le Maire d’une petite commune d’environ 500 habitants, dans le Lot-et-Garonne, s’inquiète de la baisse des effectifs du RPI (Regroupement Pédagogique Intercommunal) constitué avec sa voisine de la même taille, on en est à 50 élèves. Alors Mme le Maire va à la rencontre des parents, et que veulent-ils ? Qu’est-ce qui les motiverait à scolariser leurs enfants sur le territoire des 2 communes rurales ? La réponse tombe très vite, elle est limpide : ils veulent de la pédagogie Montessori pour leurs enfants ! Mme le Maire obtient de l’inspecteur d’académie la création d’une classe Montessori dans l’école publique de sa commune. Résultat : les classes sont maintenues, il en aura coûté quelques milliers d’euros couverts par un appel de fonds auprès de la population et par une contribution municipale. Trois ans plus tard, l’effectif est de 86 à la rentrée de 2018-19, et le maire commence à s’inquiéter de création de logements sur sa commune. Dans ce domaine, comme dans les autres, la question est de savoir ce que les citoyens veulent ! Mais personne n’a songé à le dire, il faut aller chercher et enquêter pour que cela émerge.

Le fait est que le Maire est un peu sorti du cadre et a réussi grâce à la collaboration de l’académie, ce qui n’est pas toujours gagné d’avance. A priori, sur le plan légal, la commune n’a pas à se prononcer sur la pédagogie de l’école publique communale et les élus se gardent généralement d’entrer sur ce terrain réservé de l’Éducation Nationale et des enseignants, potentiellement conflictuel. La question de l’éducation est au centre de l’apprentissage de la coopération dont nous avons besoin dans nos territoires, elle mérite certainement l’attention des enfants, des parents, des élus et plus globalement des citoyens du territoire, ce qui paraît tout à fait conforme à l’article L2121-29 du Code Général des Collectivités Territoriales qui dispose que « le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune » – sauf qu’un tribunal administratif peut dire que la pédagogie relève de la compétence de l’Éducation Nationale, puisque cet article dit de « la clause de compétence générale » s’arrête là où la jurisprudence de la justice administrative décide de l’arrêter.

Beaucoup de solutions possibles

Derrière tout cela, il y a aussi des conflits sur les moyens. L’Association des Maires de France redoute en permanence que l’État élargisse le champ des charges financières des communes et refuse ainsi, et contre toute logique, de reconnaître la dimension éducative du poste des ATSEM qui reste défini par un rôle d’entretien des locaux et d’assistance à l’enseignant, alors que l’après-midi, les mêmes ATSEM sont responsables de la mise en œuvre pédagogique des TAP sous l’autorité de leur employeur municipal… Mais, à propos de moyens, combien coûte l’école ? Et quelles sont les parts prises en charge par l’État et par la commune ? Il est impossible de répondre à cette question élémentaire parce que le coût des salaires versés aux enseignants, auxquels s’ajoutent quelques charges indirectes (psychologues et médecins scolaires, RASED, etc), n’est pas public. Les charges supportées par les communes sont plus faciles à identifier, encore que les comptabilités municipales sont la plupart du temps insuffisamment développées pour identifier un prix de revient correctement déterminé.

En entrant dans une telle approche, on voit bien qu’il s’agit de discuter avec l’État. Sa tradition est d’être autoritaire mais, après tout, l’État est impécunieux et pas follement amoureux de ses personnels. En redonnant de l’autonomie à chaque école (cela ne veut pas dire à une direction caporalisée de l’école), on entrerait dans une économie très différente : par exemple, avec une pédagogie Montessori, a priori on peut revoir la séparation entre l’école et le ménage ou entre l’école et le restaurant scolaire… Est-ce que l’école doit forcément être municipalisée ? Ou doit-elle être gérée par un commun, avec une mise à disposition des locaux communaux ? Peut-être peut-on envisager une autre répartition des missions entre les enseignants, les agents municipaux et les parents ? Et bien entendu, quel résultat attend-on de l’école ? Bref, à partir du moment où la collectivité mobilise les parties prenantes du territoire autour de l’école, l’État pourrait y trouver un intérêt à discuter. Est-ce que l’État peut mettre des personnels à disposition de manière plus transparente ? Il y a beaucoup de solutions possibles.

En fait, le débat autour de l’école n’existe pas, ou alors vraiment à un très bas niveau sur les finalités, simplement parce que personne ne le croit possible. Le rôle des listes participatives est de créer du débat et de rechercher la volonté de la population, personne ne peut connaître spontanément cette volonté. Le rôle des élus est de permettre que cette volonté se révèle à elle-même.

8 réponses

  1. Roland Gérard dit :

    Un des enjeux essentiel serait bien de confirmer une tendance lourde qui est une réalité dans la société française depuis au moins 20 ans. Avec l’éducation à l’environnement nous vivons une réappropriation du fait éducatif par le corps social. L’éducation, phénomène terriblement descendant depuis si longtemps, est en train de se réinventer selon le mode ascendant. Les territoires commencent à s’emparer de la chose éducative pour de bon, la cantine bio est un signe de cela, comme l’animation tri des déchets et bien d’autres qui ne doivent rien à l’Éducation nationale mais doivent leur existence même à des initiatives locales. C’était l’école de la République, nous l’avons, nous passons à l’école de la transition, nous l’aurons.

    • Dominique Filatre dit :

      C’est une très bonne observation. Elle est documentée par exemple par l’Association Bruded sur le travail qui se fait à la Vraie-Croix (56) sur la lutte contre le gaspillage au restaurant scolaire. On remarquera d’abord que, dans cette commune de 1500 habitants, le restaurant scolaire est associatif et non pas municipal. Cela dit, le plus important c’est que l’association gestionnaire n’investit pas sur le contrôle interne et administratif mais sur la coopération avec son environnement externe local.
      C’est vraiment la base de la création d’un commun (des contraintes matérielles fortes), on crée une auto-gouvernance en associant des besoins et des ressources locales.
      Pour faire la révolution éducative dont nous avons besoin, qui puisse permettre de sortir du contrôle administratif vertical qui prive progressivement, et toujours davantage, les acteurs de toute initiative, le développement de cette méthode de la commune de la Vraie-Croix (56) sur toutes les activités autour de la scolarisation est sans doute la méthode la plus efficace. Si nous faisons cela sur la garderie + pédagogie scolaire + restaurant sco + temps d’accueil périscolaire + centre de loisirs, effectivement l’école de la transition nous l’aurons.

  2. Langeois dit :

    Il s’agit de distinguer le logistique (gérer au local) et l’éducatif (national) qui s’épanouit dans le logistique.
    @roland : Je ne peux partager votre vision concernant l’éducation qui se réinvente en « mode ascendant » . Qu’appelez vous « tendance lourde’ ? On ne peut confondre les missions que se fixent les municipalités pour développer et faire vivre leur territoire et le fait qu’elles s’approprieraient la chose éducative. En quoi la cantine « bio » est elle un témoignage de cela ?
    Je pense enfin que votre expression « école de la transition » que vous opposez de fait à l’école de la république est maladroite.
    Les professeurs et les écoles ont surtout reçu une véritable mission (loi 1833), et non les mairies : instruire la population française (le terme n’est pas trop fort) , de manière à respecter ce qui a fait le peuple français : développer son esprit critique pour penser librement, même traitement égalitaire de tous sur le territoire national, même bienveillance fraternelle. Faire des citoyens.
    @dominique : Qu’entendez vous par « auto-gouvernance » ? Qui subventionne l’association ? Des organismes régionaux et étatiques si je ne m’abuse.

    Alors parlons des associations de citoyens qui ont compris que c’est l’éducation des parents qui prime et qui agissent en ce sens. L’éducation est l’ensemble des règles qui permettent le « vivre ensemble ». Quant à détricoter notre tissus social : oui l’état va élargir le champ des charges financières des communes car l’objectif est de les faire fusionner. L’association des maires de France voit juste (Bruded est un exemple de première étape, malgré que les noms des personnes référentes des communes soient bien peu nombreux au final ;-). Décillons nous.
    Le ministère de l’agriculture est à l’origine du programme NATIONAL d’antigaspi dans les cantinehttp://agriculture.gouv.fr/des-guides-pour-reduire-le-gaspillage-la-cantine (menu à 3 ou 4 composantes), et le bio également. Il permet en particulier de scinder les montants des marchés d’approvisionnement des cantines afin d’échapper aux directives européennes qui obligent à faire jouer la concurrence par appel d’offre (au delà de certains montants) vers les autres pays.
    Luttons plutôt contre la désertification des territoires, contre la fermeture des écoles qui comme l’amène bien le texte est une source inépuisable…de vie.

  3. Dominique Filatre dit :

    Bon rappel historique, Langeois, c’est en effet la loi de 1833 qui a instauré une école primaire par commune et fixé les premières missions de l’instruction scolaire. Le ministre s’appelait alors François Guizot, davantage connu pour une formule : « Enrichissez-vous ! ». Ce grand libéral rêvait d’une France dans laquelle chaque élève, chaque jour, serait au même instant en train d’étudier la même page du manuel scolaire que tous les autres élèves du pays… J’avoue que le rêve du grand orléaniste libéral, sans doute visionnaire du monde industriel qui va éclore dans les années qui suivent, ne me fait guère rêver aujourd’hui.
    Bruded est un réseau d’échange d’expériences d’élus en Bretagne, une association qui n’a pas tout à fait les mêmes perspectives que l’Association des Maires de France, mais ce n’est pas du tout un gestionnaire de restauration scolaire, découvrez-les plus.
    Vous ne voyez pas ce que peut vouloir dire « auto-gouvernance » ? Cela montre que, pour l’instant, vous êtes assez loin de ce dont nous parlons ici, sur 36000 communes.org : et c’est très bien d’ailleurs ! Et c’est par l’échange que nous apprenons les uns des autres, même quand on est pas spontanément d’accord. Nous, nous ne croyons pas que le savoir vient d’en haut, nous pensons plutôt que c’est un bien commun qui doit être distribué.

    • Langeois dit :

      Bonjour Dominique,
      Je suis tout à fait d’accord avec votre conclusion « nous ne croyons pas que le savoir vient d’en haut, nous pensions plutôt que c’est un bien commun qui doit être distribué ».
      Quant à l' »auto-gouvernance », ce néologisme m’a fait sourire. Ne seriez vous pas un adepte du « bullshitor », ce site qui consolide tous les mots vides de sens mais qui sonnent si bien ? Je plaisante, néanmoins, si vous aviez la condescendance de nous déniaiser en lieu et place de nous renvoyer à notre ignorance, ce serait très pédagogique à vous, en particularité concernant l’exercice démocratique que représente « l’auto-gouvernance ».
      Car pour que le savoir soit également distribué, il en faut consacrer les moyens.
      Les faits nous confrontent à une toute autre réalité :
      -L’effondrement des versements de l’état aux communes,
      -La fusion forcée des communes.
      Le gouvernement assiste en effet à une vague sans précédent de démissions de maires : usés par leur fonction, le nombre de maires ayant quitté leur fonction depuis 2014 est en hausse de 55 % par rapport à la précédente mandature !
      Le magazine Challenges du 1er août 2018 consacre d’ailleurs un long article à l’avalanche de démissions de maires ruraux, qui met en péril la structure même de la France rurale. Je vous le conseille.
      Cet effondrement est dû principalement à la réduction dramatique de la dotation globale de fonctionnement (DGF), principale contribution financière de l’État aux collectivités.
      Selon l’Observatoire des finances locales (OFGL), la DGF, qui représentait 21 % des recettes de fonctionnement des communes en 2013, n’en représente plus que 14,8 % en 2017. De nombreuses communes ont vu leur DGF baisser de moitié en 5 ans. Et comme les autres recettes n’augmentent pas (la population tendant à s’appauvrir), cela signifie que de nombreuses communes rurales n’arrivent plus à survivre financièrement.
      Comme si cette asphyxie budgétaire sciemment programmée ne suffisait pas, la suppression de la taxe d’habitation, qui représente 34 % des recettes fiscales des communes, et la forte baisse des contrats aidés oblige les communes à fusionner…
      Le plus ahurissant, c’est que cette destruction de la démocratie de terrain aboutit à une situation beaucoup plus inefficace et dispendieuse. Elle provoque en effet l’apparition et la montée en puissance d’une technostructure locale, coupée du terrain, plus lointaine, et salariée, là où les maires et les équipes municipales vivaient sur place et étaient essentiellement bénévoles.
      Et pourquoi cela vous direz vous peut être ?
      Les faits :
      -Le Programme National de Réformes publié en 2016 par Bercy, précise en annexe 1 que pour remplir l’objectif de la Commission Européenne, il a été décidé de poursuivre un gel des dotations aux collectivités locales en 2013, puis une baisse de 1,5 milliards € en 2014, baisse de 3,5 Milliards en 2015, nouvelle baisse de 3,3 milliards en 2016. Les Grandes Orientations de Politiques Economique fixées chaque année pour la France, de façon autoritaire par les technocrates non élus de la Commission européenne, demande de poursuivre expressément la baisse des dépenses des collectivités locales, en 2017 nouvelle baisse de 3,7 milliards des dotations de l’Etat.
      Vous pouvez vous référez également à l’article 121 du traité de l’union européenne qui fustige l’aide d’état.
      36000 communes ? plus pour très longtemps regrettons le amèrement, car nous assistons à la disparition de la France rurale, la fermeture des écoles par regroupement, la disparition des mairies et donc des services et commerces. Un pays homogène cela s’entretient, pour que ne vive notre triptyque national, liberté, égalité, fraternité.

      • Dominique Filatre dit :

        Bonjour Langeois,
        Si nous pensons ensemble que le savoir est un bien commun qui doit être distribué, c’est déjà une base d’accord solide.
        Sur l’autogouvernance, je n’improvise aucun néologisme, je reprends une idée que je qualifierais plutôt de cardinale, ou de structurante, du mouvement des communs depuis les premières théorisations fondatrices d’Elinor Ostrom.
        En ce qui concerne l’axphyxie budgétaire des collectivités, je ne vais pas dénier ce que vous rapportez, c’est tout à fait exact. Sauf peut-être l’attribution de la responsabilité du fléchage « de façon autoritaire par les technocrates non élus de la Commission européenne » vers les collectivités : ce fléchage n’est pas déterminé par Bruxelles mais bien par Bercy lui-même jusqu’à preuve du contraire.
        Là où il reste un désaccord, disons tacite, entre nous, c’est dans le constat du très bas niveau de débat sur les finalités de l’école. Il me semble qu’on ne peut en rester à une discussion sur les moyens et que la volonté collective est motivée par des raisons de finalités qui devraient amener les élus locaux à ouvrir de nombreux débats publics locaux avec la population, d’autant que la séparation des rôles entre l’État et les collectivités est construite sur une distinction entre pédagogie et logistique qui apparaît de plus en plus fragile.

  4. Langeois dit :

    Bonjour Dominique,
    Merci de votre suivi conversationnel. Je maintiens : Bercy doit appliquer les directives européennes, sans aucune restriction. L’article 121 du Traité de Fonctionnement de l’UE s’applique.
    L’idée d’une autogouvernance telle que vous la caresser en référence à Mme Ostrom ne m’est pas étrangère. Je l’estime néanmoins parcellaire car contemporaine aux lois fondatrices des coopératives en France par exemple (1947) et qui ont ma préférence. Elles sont néanmoins toute 2 dogmatiques.
    Elles révèlent néanmoins que le mouvement coopératif pose beaucoup de difficultés de compréhension dans le cadre d’une vision Keyneisienne de l’économie Outre Atlantique.
    Les 7 principes qui définissent le cadre démocratique des coopératives en tant que modèle par exemple, s’intéressent avant tout à l’exercice démocratique de leur gouvernance (élections d’assemblées) que les question concernant les « droits de propriétés », qui vous me pardonnerez ce raccourci me paraissent être la question qui fonde de la théorie de Mme Ostrom et son mari.
    La démocratie est au coeur, et en ce sens l’autogouvernance ne doit pas viser à se questionner sur la propriété « légitime » ou pas, en opposant souvent l’état au libéralisme (excusez encore ce raccourci).
    La spécialisation, voire l’expertise au sein de l’autogouvernance proné par Mme Olstrom me parait peu compatible avec l’exercice de la démocratie.
    Le site prône l’engagement des citoyens pour reprendre en main leur liberté : il est probable en ce sens qu’à la manière des jurés d’assises tirés au sort pour juger, les assemblées citoyennes devraient élire au tirage au sort parmi l’ensemble de la population leurs représentants. Si c’est que vous entendez par « autogouvernance » alors rejoignons nous. (la communauté devant prendre en charge à l’équivalent du revenu du tiré(e) au sort, tout en lui assurant de retrouver son emploi une fois son mandat exercé).
    Trop souvent les citoyens sont réunis en comités (conseils de quartier etc) qui ne sont pas les instances prises en compte. Ainsi on épuise l’esprit citoyen puisque les décisions sont prises ailleurs (en mairie). Pareil pour les maires eux mêmes, qui eux mêmes subissent les décisions du gouvernement, qui lui même subit les directives européennes, directives et orientations prises par la Commission Européenne réunissant exclusivement des personnes non élues et désignées par les gouvernements des 28.
    « Il n’y a pas de mauvais peuple, il n’y a que de mauvais bergers. Un peuple ne se trompe pas, il est trompé ». (JJServanschreiber)
    Tant que nous n’inverserons pas l’ordre des pouvoirs qui devrait être du peuple vers la commission/conseil de l’UE et non le contraire, notre liberté d’apprendre et de comprendre, défendre nos territoires locaux et nos savoirs faire, nos écoles et nos ressources qui désormais nous échappent totalement, et nous confinent comme vous le soulignez dans une fragilité des genres qui multiplient les désespoirs.

  5. Langeois dit :

    Bonjour Dominique,
    Merci de votre suivi conversationnel. Je maintiens : Bercy doit appliquer les directives européennes, sans aucune restriction. L’article 121 du Traité de Fonctionnement de l’UE s’applique.
    L’idée d’une autogouvernance telle que vous la caresser en référence à Mme Ostrom ne m’est pas étrangère. Je l’estime néanmoins parcellaire car contemporaine aux lois fondatrices des coopératives en France par exemple (1947) et qui ont ma préférence. Elles sont néanmoins toute 2 dogmatiques.
    Elles révèlent néanmoins que le mouvement coopératif pose beaucoup de difficultés de compréhension dans le cadre d’une vision Keyneisienne de l’économie Outre Atlantique.
    Les 7 principes qui définissent le cadre démocratique des coopératives en tant que modèle par exemple, s’intéressent avant tout à l’exercice démocratique de leur gouvernance (élections d’assemblées) que les question concernant les « droits de propriétés », qui vous me pardonnerez ce raccourci me paraissent être la question qui fonde de la théorie de Mme Ostrom et son mari.
    La démocratie est au coeur, et en ce sens l’autogouvernance ne doit pas viser à se questionner sur la propriété « légitime » ou pas, en opposant souvent l’état au libéralisme (excusez encore ce raccourci).
    La spécialisation, voire l’expertise au sein de l’autogouvernance proné par Mme Olstrom me parait peu compatible avec l’exercice de la démocratie.
    Le site prône l’engagement des citoyens pour reprendre en main leur liberté : il est probable en ce sens qu’à la manière des jurés d’assises tirés au sort pour juger, les assemblées citoyennes devraient élire au tirage au sort parmi l’ensemble de la population leurs représentants. Si c’est que vous entendez par « autogouvernance » alors rejoignons nous. (la communauté devant prendre en charge à l’équivalent du revenu du tiré(e) au sort, tout en lui assurant de retrouver son emploi une fois son mandat exercé).
    Trop souvent les citoyens sont réunis en comités (conseils de quartier etc) qui ne sont pas les instances prises en compte. Ainsi on épuise l’esprit citoyen puisque les décisions sont prises ailleurs (en mairie). Pareil pour les maires eux mêmes, qui eux mêmes subissent les décisions du gouvernement, qui lui même subit les directives européennes, directives et orientations prises par la Commission Européenne réunissant exclusivement des personnes non élues et désignées par les gouvernements des 28.
    « Il n’y a pas de mauvais peuple, il n’y a que de mauvais bergers. Un peuple ne se trompe pas, il est trompé ». (JJServanschreiber)
    Tant que nous n’inverserons pas l’ordre des pouvoirs qui devrait être du peuple vers la commission/conseil de l’UE et non le contraire, notre liberté d’apprendre, de comprendre, défendre nos territoires locaux et nos savoirs faire, nos écoles et nos ressources qui désormais nous échapperont totalement, et nous confineront comme vous le soulignez dans une fragilité des genres qui multiplient les troubles démocratiques généralisés, poussant à la frustration puis à la colère de ceux qui subissent.

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