Typologie des organisations

Typologie des organisations

 

Les humains qui décident de s’organiser pour coopérer doivent se donner une règle, une forme de gouvernance.

Les citoyens agissants peuvent adopter de multiples configurations, suivant les contextes et les volontés :


Taylorisme, fordisme, bureaucratie

De nombreux systèmes d’organisation sont verticaux : des pyramides de pouvoir où l’initiative part du sommet et descend d’étage hiérarchique en étage hiérarchique, distribuant le travail et l’information à des opérateurs spécialisés uniquement responsables de leur parcelle de l’oeuvre générale.

Cette organisation peut s’avérer lourde, lente, inefficace, destructrice de l’égalité politique et civile du fait même que les uns dirigent quand les autres sont dirigés, alors qu’il est nécessaire que tout le monde ait un égal accès au pouvoir.


Les organisations horizontales

L’horizontalité est un système de gouvernance sans chef, avec élections sans candidat, et systèmes de cercles décisionnels, avec double lien. L’holoptisme (partage de l’information en temps réel, pour tous de façon accessible) est alors réalisable. Les décisions sont prises au consentement des membres du ou des cercle(s) concerné(s).

Les 5 caractéristiques de l’horizontalité :

  • La recherche du consentement de tous
  • La recherche de l’holoptisme et la transparence
  • La recherche de la meilleure architecture vivante
  • La recherche d’un système doué de la plus juste mesure du potentiel évolutif
  • La recherche du maximum de subsidiarité et d’équité des pouvoirs entre tous les individus partageant un même ensemble

Sociocratie

« La sociocratie est un mode de gouvernance qui permet à une organisation, quelle que soit sa taille — d’une famille à un pays —, de fonctionner efficacement sans structure de pouvoir centralisée selon un mode auto-organisé et de prise de décision distribuée. Son fondement moderne est issu des théories systémiques et date de 1970. La sociocratie s’appuie sur la liberté et la co-responsabilisation des acteurs. Dans une logique d’auto-organisation faisant confiance à l’humain, elle va mettre le pouvoir de l’intelligence collective au service du succès d’objectifs communs. Cette approche permet donc d’atteindre ensemble un objectif partagé, dans le respect des personnes, en préservant la diversité des points de vue et des apports de chacun, ceci en prenant appui sur des relations interpersonnelles de qualité. Contrairement à des évolutions plus récentes comme l’holacratie, le modèle sociocratique est ouvert et libre de droit.
La sociocratie utilise certaines techniques démocratiques qui fondent son originalité, notamment l’élection sans candidat, et la prise de décision par consentement. La différence entre sociocratie et démocratie est que la démocratie concerne un ensemble de personnes qui peuvent n’avoir aucune relation entre elles, alors que la sociocratie concerne des individus engagés dans des organisations et ayant donc des relations de plus grande proximité. » ( Source )

La sociocratie en détails

Le Centre français de sociocratie


Holacratie

Holacratie : système de gouvernance utilisant l’organisation en cercles, le double lien (qui assure la communication entre cercles), la prise de décision par consentement et l’élection sans candidat, quatre outils issus de la sociocratie.

Dans l’holacratie, deux techniques de management s’ajoutent à la sociocratie : réunions de triage et réunions de gouvernance ; fixées régulièrement pour permettre de gérer les tensions (positives et négatives) et modifier au besoin tout point concernant la gouvernance sans avoir à passer par un organigramme hiérarchique et des fiches de postes.

https://mumbleconstituant.wordpress.com/holacratie/


Stigmergie (gouvernance collaborative)

« En biologie, la stigmergie est un mécanisme de coordination indirecte entre les agents. Le principe est que la trace laissée dans l’environnement par l’action initiale stimule une action suivante, par le même agent ou un agent différent. De cette façon, les actions successives ont tendance à se renforcer et ainsi conduisant à l’émergence spontanée d’activité cohérente, apparemment systématique.

La stigmergie a d’abord été observée dans la nature — les fourmis communiquent en déposant des phéromones derrière elles, pour que d’autres fourmis puissent suivre la piste jusqu’à la nourriture ou la colonie suivant les besoins, ce qui constitue un système stigmergique. Des phénomènes similaires sont visibles parmi toutes les espèces eusociales comme les termites, qui utilisent des phéromones pour construire de grandes et complexes structures de terre à l’aide d’une simple règle décentralisée. Chaque termite ramasse un peu de boue autour de lui, y incorporant des phéromones, et la dépose par terre. Comme les termites sont attirés par l’odeur, ils déposent plus souvent leur paquet là où d’autres l’ont déjà déposé, ce qui forme des piliers, des arches, des tunnels et des chambres. » ( Source )

Appliquée à l’homme, la stigmergie est une forme de gouvernance distribuée, d’intelligence collective.

Lilian Ricaud : La stigmergie : un nouveau modèle de gouvernance collaborative

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